La mise en scène
Olivier TOUSIS
DIRECTION ARTISTIQUE, MISE EN SCÈNE, SCÉNOGRAPHIE
Chanteur lyrique landais formé au CNR de Bayonne, il a interprété à la scène les rôles de Sharpless (Madama Butterfly), Escamillo (Carmen), Golaud (Pelléas et Mélisande), Scarpia (Tosca), Don Alfonso (Cosi Fan Tutte), Méphisto (Faust), Le Vice-Roi (La Périchole), Caronte et Plutone (Orfeo), Frank (Die Fledermaus), Raphaël (la Création, Haydn), Le Messie (Händel) notamment avec différentes troupes en Aquitaine de 1990 à 2001, toujours avec orchestre. Il a été membre du Delta Ensemble de Bordeaux (Musique Contemporaine) avec lequel il a enregistré de nombreuses créations et a chanté pour la création du Vienaire dou Bonhour, Opéra de Gérard Garcin à Périgueux en 1993. Il a chanté Bogdanovitch (La Veuve Joyeuse) à l'Opéra de Monte-Carlo et a tenu plusieurs rôles de coryphée au Théâtre du Capitole de Toulouse.
Depuis 2001, il est membre de l’Ensemble VoXabulaire de Nice, formation à géométrie variable, de 1 à 8 chanteurs) avec lequel il a interprété des œuvres de musique contemporaine (Giacinto Scelsi, Berio, John Cage, Messiaen...) et ancienne (Musique du Moyen-Age, Rossetti, compositeur niçois, Schütz, Bach, Händel, Carrissimi...).
Membre du chœur du Théâtre du Capitole de Toulouse en 1991-92, de l’Opéra de Monte-Carlo de 1998 à 2007, il chante également régulièrement à l’Opéra National de Bordeaux, au Grand-Théâtre de Tours, à l’Opéra d’Avignon, à l’Opéra de Nice, à l’Opéra du Rhin, au Grand-Théâtre de Limoges, à l'Opéra de Toulon-Méditerranée.
Depuis 1998, il est directeur artistique de l'Opéra des Landes. A ce titre, il est responsable du recrutement des artistes et techniciens du Festival.
Il a participé à la mise en scène de La Périchole d’Offenbach et La Chauve-Souris en 1998 et 1999 à Dax, Mont-de-Marsan et Bordeaux (Théâtre Fémina).
En 2001, il est co-créateur des décors, lumière, costumes et mise en scène de La Traviata.
En 2003 et 2004, il signe mise en scène, décor et costumes de La Serva Padrona (Pergolesi), Monsieur Choufleuri (Offenbach) et Tosca (Puccini) pour l’Opéra des Landes.
Pour le Voxabulaire Ensemble, il met en espace un spectacle du Festival de Musique Sacrée de Nice à l’Eglise Saint Augustin en juin 2004.
Eté 2005, il crée mise en scène, décor et costumes de Lucia di Lammermoor de Donizetti à Soustons et Dax. En octobre, le spectacle Serva Padrona – Monsieur Choufleuri est donné sous sa direction artistique à l’Espace Polyvalent de Fontvieille, acheté par la Mairie de Monaco.
Durant l’été 2006, il met en scène La Belle Hélène d’Offenbach, coproduction entre le Festival d’Opéra de Gattières (06) et l’Opéra des Landes.
En 2007, il met en scène der Schauspieldirektor de Mozart au Théâtre du Tambour Royal à Paris en avril et mai, puis Norma à l’Opéra des Landes en juillet et septembre.
En 2008, il met en scène Carmen de Bizet pour l'Opéra des Landes.
En 2009, toujours pour l’Opéra des Landes, il met en scène Madama Butterfly de Puccini à Soustons, Dax et Saint Pierre du Mont.
En projet, la mise en scène d’Otello de Verdi pour la réouverture du Théâtre de Cherbourg en novembre 2011.
Quelques notes du metteur en scène
La Flûte Enchantée. Quel titre !!!
Parfait pour un dessin animé de Walt Disney avec à la clef un budget de 500M de dollars. Et qui en rapportera le double...
Histoire d’une success story.
Un titre exceptionnellement aguicheur.
Un air à vocalises époustouflant accommodé à toutes les sauces médiatiques imaginables.
Un gentil prince qui veut devenir un homme droit et fort et épouse à la fin la gentille fille d’une méchante.
Un sage égrenant les préceptes moraux.
Un jeu de cloches magique qui adoucit les vilains.
Trois gentils enfants qui guident et rassurent les héros durant leurs épreuves.
Et on s’étonnerait de la popularité de cette œuvre...
Mais cette apparence cache de terribles vérités :
Un compositeur « a posteriori », dont le nom a vraisemblablement été choisi après sa mort, parce que devenu soudainement célèbre, par le directeur de théâtre et présumé librettiste Schikaneder, alors que la Flûte Enchantée est une œuvre collective, refonte d’un précédent Singspiel vieux d’un an : « La Pierre de la Sagesse (rien que ça !) ou L’Ile Enchantée (déjà…) ».
La Reine de la Nuit et Sarastro, ne seraient-ils pas un couple déchiré, se battant pour sauver leurs droits de parents sur la pauvre Pamina ? La « société secrète » ou entreprise tout court que dirige Sarastro, ne serait-elle pas l’enjeu d’un calamiteux divorce ?
Où donc Tamino a-t-il appris qu’il était prince, sinon dans sa pauvre imagination d’adolescent attardé, cherchant dans les bras de Sarastro un idéal enfantin et imaginaire ?
Qui est donc le chœur qui entoure et glorifie Sarastro, sinon des courtisans, pire, des employés, obligés à célébrer la « bonté » de leur bienfaiteur et ses horribles préceptes, par contrat ou par calcul ?
Qui est ce Monostatos, nécessairement méchant parce que noir (sic !!!), qui tente d’échapper à l’emprise du tyran et de « v(i)oler » Pamina, sous prétexte qu’il a décidé qu’elle était à lui, une allégorie d’un musulman illuminé ?
Qui sont ces trois Enfants, messagers de Sarastro ? Des anges ? En attente de déchéance s’ils désobéissent ? Des futurs pseudo-princes ?
Qui sont ces trois Dames, vouées corps et âme à leur maîtresse, pour la reconquête d’un illusoire pouvoir ?
Que vient faire dans le livret cet énoncé de préceptes moraux, glorifiant le courage, la mâle virilité, le travail et stigmatisant l’épicurisme, la faiblesse de caractère des femmes, le manque d’ambition, l’infériorité génétique de groupes humains, tout ce que notre société judéo-chrétienne a longtemps considéré comme ses valeurs fondamentales et dont elle a le plus grand mal à s’affranchir... Pour un peu, on nous dirait que celui qui n’a pas une Rolex à 50 ans a raté sa vie...
Papageno et Pamina semblent bien seuls dans cette société d’humains prisonniers de leurs désirs fous, eux qui n’aspirent qu’à la paix, qu’à une vie « ordinaire », loin des tourments des aliénés qui les entourent...
Les derniers films américains grand public que j’ai vus, Avatar et Le Livre d’Eli, pourtant sévèrement marqués par cette morale occidentale, sont aujourd’hui beaucoup plus nuancés sur le destin de l’homme blanc civilisé dans notre monde en questionnement...
Alors... Amour, Gloire et Beauté ? Dallas ? Les Feux de l’Amour ? Quelque chose comme ça, oui... La Flûte Enchantée. En pire… sans le respect obligatoire des minorités...
Alors, allons-y, fonçons, vous en voulez des poncifs ? Vous en aurez...